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Enregistrer un appel visio : comment prévenir vos invités

Enregistrer un appel vidéo est devenu banal. Le dire à la personne en face reste, pour beaucoup, un moment gênant qu’on expédie ou qu’on oublie. C’est pourtant simple, et c’est ce qui rend l’enregistrement acceptable. Ce guide donne les phrases à utiliser, le bon moment pour les dire, et ce qu’il faut un accord de plus pour faire : publier.

Personne n’aime découvrir après coup qu’il a été enregistré. Tout le monde, ou presque, accepte de l’être quand on le lui demande simplement. Entre les deux, il n’y a qu’une phrase, dite au bon moment.

Ce guide n’est pas un avis juridique. Les règles changent d’un pays à l’autre et selon que vous agissez comme particulier ou comme professionnel : pour un cas précis, consultez un juriste.

Pourquoi le dire, toujours

Parce que c’est la moindre des choses. Votre client vous parle de son entreprise, de ses doutes, parfois de ses chiffres. Il a le droit de savoir que ses mots sont conservés.

Parce que la relation en dépend. Un enregistrement découvert après coup détruit une confiance qu’aucune explication ne répare. Un enregistrement annoncé ne dérange presque personne.

Parce que les textes vont dans ce sens. Sans entrer dans le détail :

Ce dernier texte ne dit pas que tout appel enregistré est un délit. Il dit où se trouve la limite, et de quel côté vous place le fait d’avoir prévenu.

Quand la plateforme prévient, et quand elle ne prévient pas

Les trois grandes plateformes d’appel signalent leurs propres enregistrements.

Plateforme Ce que voient les participants
Google Meet une notification quand l’enregistrement commence et quand il s’arrête
Zoom un message à l’écran, que chacun accepte pour rester ou refuse en quittant l’appel
Microsoft Teams une notification dès que l’enregistrement démarre

C’est ce qu’écrivent Google, Zoom et Microsoft dans leur aide. Microsoft ajoute que, selon la région, il peut falloir l’autorisation de chacun avant de l’enregistrer.

Ces notifications ne concernent que l’enregistreur de la plateforme. Un outil extérieur, qu’il s’agisse d’une extension de navigateur, d’un logiciel de capture d’écran ou d’un enregistreur posé sur le bureau, n’en déclenche aucune.

Dans ce cas, personne ne prévient à votre place. C’est une raison de plus de le dire, pas une raison de s’en dispenser : l’absence de bandeau ne vaut pas accord.

Les quatre choses à dire

Une annonce complète tient en quatre informations.

  1. Que vous enregistrez. Sans détour : « j’enregistre cet appel ».
  2. Pourquoi. Pour en garder une trace, pour en tirer des vidéos, pour vous former.
  3. Qui y aura accès, et ce que vous en ferez. Vous seul, votre équipe, ou un public si vous publiez des extraits.
  4. Que la personne peut dire non. Et que cela ne change rien à la suite de l’appel.

L’autorité britannique de protection des données, l’ICO, le résume ainsi dans ses conseils aux petites organisations : avant d’enregistrer, dites aux gens pourquoi vous enregistrez, ce que vous en ferez et combien de temps vous le garderez.

Le bon moment : deux fois plutôt qu’une

Dans l’invitation. Une ligne écrite laisse le temps de réfléchir et de refuser sans gêne. « J’enregistre mes appels de conseil pour en tirer de courtes vidéos de mes réponses. Dites-moi si vous préférez que je ne le fasse pas. »

Au début de l’appel, à voix haute, avant de lancer l’enregistrement. Pas après cinq minutes, pas « au fait, ça enregistre ». Vous posez la question, vous attendez la réponse, puis vous enregistrez.

Si quelqu’un rejoint l’appel en cours de route, recommencez pour lui.

Les phrases, selon la situation

Avec un client que vous connaissez. « Avant de commencer : j’enregistre nos appels pour en tirer de courtes vidéos où je réponds à des questions générales. On ne vous y voit pas et on ne vous y entend pas. Est-ce que cela vous va pour aujourd’hui ? »

Avec un prospect, au premier appel. « J’enregistre mes appels de découverte, uniquement pour réutiliser mes propres explications. Rien de ce que vous me dites n’est publié. Si vous préférez que je n’enregistre pas, dites-le-moi, cela ne change rien. »

En séance de coaching. « J’aimerais enregistrer cette séance. Je n’en garderais que des passages où je parle de méthode, jamais de votre situation. Vous pouvez refuser, maintenant ou plus tard. »

Devant un groupe. « Cette session est enregistrée. J’en publierai des extraits où l’on me voit répondre. Si vous posez une question, votre image sera floutée et votre voix modifiée. Si vous préférez ne pas apparaître du tout, coupez votre caméra et écrivez vos questions. »

Avec un invité dont vous voulez publier les propos. « J’enregistre cet échange pour en publier des extraits, où vous apparaîtrez. Je vous enverrai chaque extrait avant de le mettre en ligne, et vous pourrez en refuser. »

Si quelqu’un hésite ou refuse

N’insistez pas, et n’enregistrez pas. Un accord obtenu à force d’arguments n’en est pas un.

Vous pouvez en revanche proposer ce qui lève souvent l’hésitation :

Et si la réponse reste non, tenez l’appel normalement. Vous en aurez d’autres.

Enregistrer n’est pas publier

C’est la confusion la plus fréquente. Un accord pour être enregistré n’est pas un accord pour être publié.

Deux étapes, deux accords :

Ce que vous dites vous-même, sur un sujet général, sans rien révéler de votre interlocuteur, est ce qui se publie le plus simplement. C’est aussi ce qui fait les meilleurs extraits : voyez Choisir ses extraits vidéo. Pour les coachs, dont le métier repose sur la confidentialité, nous avons écrit un guide à part.

Gardez une trace

Un accord oral existe, et il ne se prouve pas. Trois habitudes simples :

Ce que fait Dailies, et ce qu’il vous laisse

Dailies est une extension Chrome qui enregistre les appels que vous tenez sur Google Meet, Microsoft Teams ou Zoom, en français ou en anglais, et en tire des shorts verticaux sous-titrés. Elle enregistre depuis votre navigateur, et non avec l’enregistreur de la plateforme : c’est donc à vous de prévenir vos invités.

L’essentiel

Sources

Les questions qu’on se pose

Faut-il prévenir avant d’enregistrer un appel visio ?

Oui, toujours, et avant de lancer l’enregistrement. Dites que vous enregistrez, pourquoi, et ce que vous ferez du fichier, puis attendez une réponse claire. La voix et l’image d’une personne sont des données personnelles, et beaucoup de pays encadrent leur enregistrement. Les règles varient : en cas de doute, demandez conseil à un juriste.

Que dire pour annoncer qu’un appel est enregistré ?

Une phrase suffit si elle dit quatre choses : que vous enregistrez, dans quel but, qui verra l’enregistrement, et que la personne peut refuser. Par exemple : « J’enregistre cet appel pour en tirer de courtes vidéos de mes réponses. Vous n’y apparaîtrez pas sans votre accord. Cela vous convient ? »

La plateforme prévient-elle les participants à ma place ?

Seulement si vous utilisez son propre enregistreur. Google Meet, Zoom et Microsoft Teams affichent alors une notification à tous les participants. Un outil extérieur à la plateforme, comme une extension de navigateur, ne déclenche pas cette notification : c’est à vous de prévenir.

Peut-on publier un extrait d’appel enregistré ?

Pas sur la seule base de l’accord donné pour enregistrer. Publier un extrait où une personne apparaît, parle ou est citée demande son accord pour cet extrait, de préférence par écrit et après qu’elle l’a vu. Vos propres réponses, sur un sujet général, sont ce qui se publie le plus simplement.

Votre prochain appel contient déjà vos prochains shorts.

Ajoutez Dailies à Chrome, enregistrez l’appel que vous aviez déjà prévu, et regardez ses shorts quelques minutes après avoir raccroché.

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