Un coach passe en moyenne 11,6 heures par semaine en séance, avec une douzaine de clients, d’après l’étude mondiale de l’International Coaching Federation publiée en 2025. Ce sont les heures où il est le meilleur : celles où une question bien posée fait bouger quelqu’un.
Ce sont aussi les heures dont personne d’autre ne voit rien. Et c’est normal.
Le paradoxe du coach
Pour trouver des clients, il faut montrer comment on travaille. Or un coach travaille dans un cadre confidentiel, et cette confidentialité n’est pas un détail : c’est ce qui permet au client de parler. Les codes de déontologie de la profession en font une obligation.
D’où le paradoxe. Ce que vous avez de plus convaincant ne peut pas sortir tel quel. Et ce que vous publiez à la place, des conseils généraux écrits le dimanche soir, ressemble à ce que publient tous les autres.
La sortie ne consiste pas à choisir entre les deux. Elle consiste à séparer, dans une séance, ce qui appartient à votre client de ce qui vous appartient.
Ce qui peut sortir d’une séance, et ce qui y reste
| Ce qui vous appartient | Ce qui appartient à votre client |
|---|---|
| Votre méthode, expliquée en termes généraux | Sa situation, même sans son nom |
| Une question que vous posez souvent | Ce qu’il y a répondu |
| Une erreur que vous voyez chez beaucoup de clients | Ses doutes, ses émotions, ses décisions |
| Un principe, une règle, une image que vous utilisez | Son visage et sa voix |
| Une réponse à une question d’ordre général | Tout ce qui permettrait de le reconnaître |
La colonne de gauche est votre matière. Celle de droite ne se publie qu’avec l’accord explicite de la personne, pour chaque extrait, et elle peut le refuser sans avoir à s’en expliquer.
Un test simple : si votre client tombait sur la publication, reconnaîtrait-il sa séance ? Si oui, il doit avoir dit oui avant.
Quatre sources d’appels sans dilemme
Vous n’avez pas à commencer par les séances individuelles. D’autres appels contiennent la même expertise avec beaucoup moins d’intimité.
Les appels de découverte
Un prospect vous explique ce qu’il cherche, vous lui expliquez comment vous travaillez. Vos réponses y sont générales par nature : c’est votre méthode, dite à quelqu’un qui ne la connaît pas. Son accord reste nécessaire pour enregistrer, et vous ne gardez que vos propres réponses.
Les séances de groupe et les questions-réponses
Un atelier, une masterclass, une heure de questions ouverte à vos clients. Les participants savent qu’ils sont plusieurs, les questions sont posées devant tous, et vos réponses s’adressent déjà à un public.
Les conversations entre pairs
Un échange avec un autre coach, une interview, une supervision racontée sans cas identifiable. Vous y parlez du métier, pas d’un client.
La séance offerte à un volontaire
Certains clients acceptent volontiers qu’une séance serve d’exemple, parfois avec fierté. Demandez-le à l’avance, proposez-leur de voir chaque extrait avant publication, et tenez-vous à ce qu’ils répondent.
Demander l’accord sans abîmer la relation
La demande ne gêne que lorsqu’elle arrive mal. Trois principes.
Avant, jamais pendant. Posez la question en dehors de la séance, par écrit ou au tout début, avant d’enregistrer quoi que ce soit. Un client pris de court au milieu d’un échange ne peut pas vraiment refuser.
Deux accords, pas un. Le premier pour enregistrer. Le second pour publier un extrait où il apparaît, s’exprime ou est cité, une fois qu’il l’a vu. Dites clairement que le premier n’entraîne pas le second.
Un refus sans conséquence. Dites-le en toutes lettres : « Si vous préférez que non, cela ne change rien à notre travail. » Et tenez parole.
Une formule qui fonctionne : « J’enregistre certaines de mes séances pour en tirer de courtes vidéos où je réponds à des questions générales. On ne vous y verrait pas et on ne vous y entendrait pas. Est-ce que cela vous convient pour aujourd’hui ? »
Nous avons rassemblé d’autres formulations, et ce qu’il faut faire quand quelqu’un hésite, dans Prévenir ses invités avant d’enregistrer.
Ce qu’un short de coach doit montrer
Pas le déclic de votre client : le vôtre, c’est-à-dire le geste professionnel qui l’a rendu possible.
- La question que vous posez. « Qu’est-ce que vous feriez si vous étiez sûr de ne pas échouer ? » Une question forte tient en dix secondes et fait réfléchir celui qui la regarde.
- Le recadrage. « Vous me parlez de motivation. Je crois que c’est une question de priorité. » C’est votre manière de voir, et c’est ce qu’on vous achète.
- L’erreur fréquente. Celle que vous retrouvez d’un client à l’autre, dite sans désigner personne.
- La règle. Un principe court que vous répétez souvent.
Ils ont en commun ce que nous décrivons dans Choisir ses extraits vidéo : chacun tient seul, sans la moindre information sur la personne en face.
Pourquoi la vidéo, pour un coach
Parce qu’on choisit un coach sur sa manière d’être autant que sur sa méthode. Un texte dit ce que vous pensez. Une vidéo montre comment vous écoutez, comment vous reformulez, à quel rythme vous parlez. C’est ce qu’un futur client cherche à savoir avant de réserver un premier appel.
Reste que se filmer seul face à une caméra est, pour beaucoup, une épreuve. Nous en parlons dans Peur de se filmer. Un appel la contourne : vous y parlez à quelqu’un, pas à un objectif.
Ce que Dailies fait, et ce qu’il vous laisse
Dailies est une extension Chrome qui enregistre les appels que vous tenez sur Google Meet, Microsoft Teams ou Zoom, en français ou en anglais, et en tire des shorts verticaux sous-titrés. Deux choses comptent pour un coach.
- Un interrupteur floute vos invités et anonymise leur voix dans vos shorts.
- Vous choisissez ce qui sort. Dailies propose jusqu’à huit passages par appel ; vous téléchargez ceux que vous voulez publier, et rien ne se publie tout seul.
L’outil ne décide pas à votre place de ce qui est confidentiel. Cette frontière-là reste votre métier.
L’essentiel
- Dans une séance, votre méthode vous appartient ; l’histoire de votre client lui appartient.
- Commencez par les appels les moins intimes : découverte, groupe, pairs.
- Deux accords distincts : un pour enregistrer, un pour publier ce qui montre ou cite la personne.
- Un bon short de coach montre votre question, votre recadrage ou votre règle, jamais le client.
Sources
- International Coaching Federation, 2025 Global Coaching Study, Executive Summary, 2025.