Une vidéo se lance toute seule dans un fil, le plus souvent sans le son. LinkedIn l’écrit dans son aide : certaines vidéos se lisent automatiquement sans le son quand on fait défiler la page. Pendant ces premières secondes, ce que vous dites n’existe que si on peut le lire.
On regarde sans le son, et on le dit
Les chiffres solides sur le sujet sont rares, et il faut dire d’où ils viennent.
Le plus cité vient d’une étude de Verizon Media et de Publicis Media, menée en avril 2019. Parmi les personnes interrogées, 69 % déclarent regarder des vidéos sans le son dans les lieux publics, et 25 % dans les lieux privés. Surtout, 80 % disent qu’elles ont plus de chances de regarder une vidéo jusqu’au bout si elle est sous-titrée. Deux réserves : il s’agit d’habitudes déclarées, et l’étude vient d’un vendeur d’espaces publicitaires et d’une agence média, qui n’ont publié ni leur échantillon ni leur méthode.
D’autres sources vont dans le même sens, sur d’autres écrans.
- Ofcom, le régulateur britannique de l’audiovisuel, a relevé en 2023 que 42 % des adultes au Royaume-Uni utilisent les sous-titres quand ils regardent la télévision, streaming compris. Chez les 16-24 ans, ils sont 63 %, contre 36 % chez les 55 ans et plus.
- YouGov a interrogé 1 000 adultes américains en 2023 : 38 % préfèrent regarder la télévision avec des sous-titres, même dans une langue qu’ils connaissent. Chez les moins de 30 ans, ils sont 63 %.
Ces deux chiffres parlent de télévision et de streaming, pas de réseaux sociaux. Ils disent pourtant quelque chose d’utile : lire ce qu’on entend est devenu une habitude, et elle est plus forte chez les plus jeunes.
À qui servent les sous-titres
D’abord à ceux qui n’entendent pas, ou mal. Plus de 1,5 milliard de personnes vivent avec une perte d’audition, soit près de 20 % de la population mondiale, d’après l’Organisation mondiale de la santé. Pour elles, une vidéo sans sous-titres est une vidéo sans contenu.
C’est pourquoi les règles d’accessibilité du web en font une exigence de base. Le critère 1.2.2 des WCAG 2.2, au niveau A, le premier, demande des sous-titres pour tout contenu audio préenregistré dans une vidéo.
Ensuite à tous les autres. D’après l’étude de Verizon Media, 80 % des personnes qui utilisent les sous-titres ne sont ni sourdes ni malentendantes. Elles sont dans un lieu calme, sans écouteurs, ou occupées à autre chose.
Ce que les sous-titres ne remplacent pas
Il serait faux d’en conclure que le son ne compte plus. Une étude publiée en 2024 dans PLOS ONE a suivi le regard de 168 personnes devant des vidéos sous-titrées, avec et sans le son. Sans le son, elles comprenaient moins bien, fournissaient plus d’effort et prenaient moins de plaisir à regarder.
Les sous-titres ont donc deux rôles distincts :
- retenir celui qui passe sans le son, le temps qu’il décide de rester ;
- aider celui qui écoute à suivre, surtout quand le sujet est technique ou que l’on parle vite.
Ils ne dispensent pas de bien parler ni d’avoir un son propre. Un short réussi fonctionne avec le son, et se laisse comprendre sans.
Automatiques ou incrustés
Il existe deux sortes de sous-titres, qui ne font pas le même travail.
| Sous-titres automatiques | Sous-titres incrustés | |
|---|---|---|
| D’où ils viennent | générés par la plateforme | faits au montage, avant la mise en ligne |
| Où ils se trouvent | posés par-dessus la vidéo | dans l’image elle-même |
| Le spectateur peut les masquer | oui | non |
| Leur apparence | celle de la plateforme | la vôtre |
| D’une plateforme à l’autre | à refaire à chaque fois | identiques partout |
Les sous-titres automatiques existent sur les quatre grandes plateformes. LinkedIn les propose dans dix langues, dont le français et l’anglais. YouTube en crée pour les Shorts comme pour les vidéos longues. Instagram les active par un réglage pour chaque reel, depuis l’application. TikTok en génère pour les vidéos importées.
Ils rendent service, à deux conditions. Il faut les relire : YouTube lui-même recommande de vérifier ce qui a été mal transcrit, et un nom propre écorché fait mauvais effet. Et il faut accepter de ne pas choisir : ni la police, ni la taille, ni l’endroit où ils s’affichent.
Les sous-titres incrustés font partie de la vidéo. Personne ne peut les masquer, ils s’affichent même là où les sous-titres automatiques ne sont pas proposés, et ils portent votre style. LinkedIn conseille d’ailleurs aux annonceurs d’incruster leurs sous-titres.
Pour un short, ce sont eux qui comptent : c’est la première chose qu’on lit.
Sept règles pour des sous-titres qu’on lit
1. Peu de mots à la fois
Un groupe de mots, une ou deux lignes courtes. Le spectateur doit lire d’un coup d’œil, sans que ses yeux parcourent l’écran.
2. Coupez où la voix coupe
Un sous-titre s’arrête là où la phrase respire. « Personne ne relit / une présentation » se lit mieux que « Personne ne / relit une présentation ».
3. Calés sur la voix
Le mot s’affiche quand il est prononcé. Un décalage, même léger, gêne celui qui écoute en lisant.
4. Gros et contrastés
Le texte se lit sur un téléphone, parfois en plein jour. Des lettres épaisses, claires, avec un contour ou un fond sombre : une vidéo change de luminosité, le texte doit rester lisible sur toutes ses images.
5. Hors des zones recouvertes
Les plateformes affichent leur interface dans le bas de l’image et sur sa droite. Des sous-titres placés là disparaissent sous la légende. Mettez-les au centre, un peu au-dessus ou un peu en dessous du visage. Les marges exactes sont dans Le format vidéo vertical 9:16.
6. Fidèles, mais nettoyés
Écrivez ce qui est dit, sans les « euh », les répétitions ni les faux départs. Si le montage les a retirés du son, ils n’ont rien à faire dans le texte.
7. Relus
Les noms propres, les sigles, les termes de métier et les chiffres sont ce que la transcription automatique rate le plus souvent, et ce que votre public remarque le premier.
La ligne au-dessus de la vidéo
Les sous-titres disent ce que vous dites. Ils ne disent pas de quoi vous parlez, du moins pas avant la fin de la première phrase.
Une ligne de texte fixe, en haut de l’image, règle ce problème : elle énonce la question à laquelle la vidéo répond. « Comment convaincre en un appel ? » Le spectateur sait en une seconde si le sujet le concerne, avec ou sans le son.
C’est aussi la manière la plus simple de faire tenir un passage seul, quand la question a été posée par quelqu’un qu’on n’entend pas dans l’extrait. Nous en parlons dans Choisir ses extraits vidéo.
Ce que fait Dailies
Dailies enregistre les appels que vous tenez dans Chrome, en français ou en anglais, et en tire des shorts verticaux. Chaque short arrive avec ses sous-titres incrustés, dans l’un des quinze styles proposés : vous en choisissez un, tous vos shorts le suivent. Les silences, les hésitations et les faux départs sont retirés de l’image, du son et du texte. Une ligne au-dessus de chaque short dit la question à laquelle il répond.
L’essentiel
- Une vidéo se lance souvent sans le son : ce qui ne se lit pas n’existe pas.
- Les sous-titres servent d’abord aux personnes qui entendent mal, et à tous ceux qui regardent sans écouter.
- Ils ne remplacent pas le son : sans lui, on comprend moins bien.
- Les sous-titres incrustés sont les seuls dont vous maîtrisez l’apparence, et ils vous suivent partout.
- Peu de mots à la fois, gros, contrastés, calés sur la voix, hors des zones recouvertes, et relus.
Sources
- Verizon Media et Publicis Media, Relationship of Video, Sound and Captions Insights Study, avril 2019 : habitudes déclarées, échantillon et méthode non publiés.
- Ofcom, Review of Public Service Media (2019–23), 2024 : adultes au Royaume-Uni, données de 2023.
- YouGov, sondage sur les sous-titres à la télévision, 2023 : 1 000 adultes aux États-Unis.
- Szarkowska et autres, étude publiée dans PLOS ONE, 2024 : 168 participants.
- Organisation mondiale de la santé, Perte d’audition.
- W3C, WCAG 2.2, critère 1.2.2, 2024.
- Aides de LinkedIn, de YouTube, d’Instagram et de TikTok sur les sous-titres automatiques, lues le 1er octobre 2026 ; lecture automatique et conseils aux annonceurs de LinkedIn.